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Le numéro 54033 (1re partie)

Yaremis Flores

Le 7 novembre après-midi, je n’imaginais pas que j’allais changer mon nom contre un numéro. Je sortis à 14 heures environ, pour apporter une soupe à mon père hospitalisé dans une clinique. Pendant que je descendais la rue de mon domicile, la patrouille 950 faisait lentement des rondes dans la zone. Quand je m’apprêtai à traverser l’avenue, je sentis un brusque coup de frein. Un agent de la sécurité de l’Etat m’appela par mon nom et prononça la phrase habituelle : ""Tu dois nous accompagner et éteindre ton téléphone portable."

Auparavant, je passai le coup de fil auquel j’ai droit et personne ne pu m’en empêcher. Au moins, je prévins de mon arrestation. Bien que femme, de petite taille et non armée, je fus conduite sur le siège arrière, par deux policiers corpulents, 29128 et 29130. Sans connaître le motif de l’arrestation ni le lieu de destination. Quand je le demandai, l’agent se borna à dire : "Tu verras où nous t’emmenons, on avait envie de te connaître, mais aujourd’hui, c’est toi qui vas savoir qui je suis".

Cela ne m’étonna pas beaucoup de voir qu’ils m’emmenaient au croisement des rues 100 et Aldabó. Bien que j’avoue que je pensais initialement que ce serait pour quelques heures de détention seulement. Sous le prétexte de diffusion de fausses informations contre la paix internationale, il me firent des prises de sang et me confisquèrent toutes mes affaires. Un officiel m’ordonna de lire un panneau sur lequel était inscrits les droits et les devoirs des détenus, comme si cela avait une quelconque valeur. Ensuite ils m’emmenèrent dans une petite pièce où ils me donnèrent un uniforme gris et me demandèrent de lever les mains derrière mon corps : pour que je ne sois pas réprimée !

Ils me donnèrent deux draps, une couverture et une serviette. Je ne me rappelle pas qui me dit ceci : "Elle va passer quelques jours ici. Pendant plus de trois heures d’interrogatoire, l’enquêteur essaya de déchiffrer mes pensées et d’éclaircir ma collaboration avec Cubanet. Il cherchait une explication à ce que ses supérieurs qualifiaient comme un processus de métamorphose : "de juriste à contre-révolutionnaire !". Me signifiant clairement qu’il y aurait d’autres entretiens, ils me transférèrent dans une cellule où se trouvaient deux autres détenues qui étaient là depuis plus d’un mois.

Beaucoup de pensées se bousculaient dans mon esprit, la santé de mon père, ma fillette de 3 ans, et la réaction de mon époux, de mes amis et de mes proches. Je restais calme. Cette nuit-là, je ne mangeais rien. J’essayais de dormir. Quand j’étais sur le point d’y parvenir, des coups sur les grilles de la cellule et les cris de la gardienne me firent sursauter. "54033, 54033 !" Je ne répondis pas. Quand elle ouvrit la cellule, la femme amère me regarda et me dit : "Ma fille, tu n’entends pas que je t’appelle ou ils t’ont donné ce papier pour rien ?"

Alors je me rappelai que j’avais dans la poche de ma blouse, un petit carton sur lequel était inscrit : 54033/201. La gardienne m’ordonna alors de prendre toutes mes affaires. Un peu étourdie, je commençai à boucler mes chaussures, mais elle me dit méchamment : "ne t’arrange pas tant, tu ne vas pas loin, tu vas dans une autre cellule". "Bon, je vais dans une autre cellule…", répondis-je. Ce fut ma première nuit à Aldabó.

 Archivé dans : Abus de pouvoir, Cubalex

 Traducteur : Catherine GAU

Châtiment "exemplaire"

Laritza DIVERSENT

Les Cienfuegueros Bárbaro López Villavicencio, 44 ans, et Rafael Felipe Martínez Irizar, 41 ans, tous deux noirs et alcooliques, se mirent d’accord en 2009 pour dérober une embarcation afin de sortir du pays, destination le Mexique et, de là, les Etats-Unis.

Ils se distribuèrent les tâches. Martínez Irizar serait chargé de repérer des personnes solvables, intéressées pour quitter le pays, en vue d’obtenir une aide économique pour subventionner l’opération. López Villavicencio chercherait le combustible et le patron du bateau, qu’ils paieraient pour feindre une sequestration.

Pablo Gómez Castillo, un officiel du contre-espionnage, dénonça les faits. Les deux personnes furent incarcérées, bien qu’ils n’eussent même pas en leur possession un seul litre de carburant. Le tribunal de Cienfuegos les déclara responsables, comme auteurs d’un délit de sortie illégale.

Aucune pièce à conviction suffisante pour déterminer la date exacte du délit imputé aux accusés. L’organe judiciaire situa le projet entre le mois de mai et le début du mois de juin 2009, selon certaines "preuves" concernant le lieu de la réalisation de l’action et l’achat du carburant.

Les faits délictueux furent exclusivement prouvés par les déclarations des témoins et des inculpés, qui confessèrent avoir ourdi un plan jamais mis à exécution. Ils essayèrent en vain d’obtenir un non-lieu. Le tribunal ne le retint pas parce que "avant la détention, ils avaient fait des démarches et des investigations pour atteindre leurs objectifs".

Le "plan dangereux" "ne fut heureusement pas mis à exécution grâce à la réaction opportune des autorités" qui, avant la détention des justiciables, empêchèrent la réalisation de l’activité illégale, tel que reconnu par le tribunal de Cienfuegos (Unité des Délits contre la Sécurité de l’État), un organe chargé des "enquêtes criminelles".

Il ne servit à rien que le procureur reconnût, dans ses conclusions provisoires, que López Villavicencio "avait pensé parler de la mission" au témoin Raphaël Jiménez Solís, le capitaine du ferry-boat et de la barge que les accusés avaient imaginé séquestrer, mais que cependant, "il ne soit pas arrivé à concrétiser son plan".

Il ne servit à rien non plus que "ses confessions aient été explicites et détaillées, au point d’aider à l’éclaircissement du fait supposé délictueux", ainsi qu’argumenté par le tribunal dans la sentence. Ils ont ingénument cru en la loi. Le Code Pénal exempte de responsabilité la personne qui renonce à commettre volontairement un acte délictueux, quand il le porte à la connaissance des autorités.

Dans sa volonté de faire face au délit et aux injustices, le tribunal provincial de Cienfuegos négligea le fait que toutes les tentatives des accusés furent infructueuses, bien qu’il ait reconnu dans sa sentence que Martínez Irizar n’avait pas pu "matérialiser les démarches réalisées, faute de trouver le combustible".

Une démonstration de "l’efficacité, d’un traitement rationnel et différencié, de la communication adéquate avec les personnes, du professionnalisme et de la rapidité dans l’éclaircissement délictueux des faits et autres services qu’offrent au peuple" les organes de justice et la répression du gouvernement révolutionnaire, comme l’a affirmé le journal Granma récemment.

Le tribunal apprécia les déclarations des cinq personnes contactées par Martínez Irizar, dans le but de sortir illégalement du pays. Pourtant, la sentence omis de préciser si celles-ci avaient des ressources pour financer l’opération, ce qui était le sens de la requête des accusés. Au contraire, je pense qu’aucune n’a accepté la proposition, chose étrange de nos jours.

Les preuves pour les incriminer furent estimées "conformes avec les principes de la science et de la raison". Bárbaro fut condamné à 4 ans de privation de liberté, et Raphaël à 5 ans, peine maximale prévue pour le délit de promotion et d’organisation  de sortie illégale du territoire national.

Si tous les Cubains qui font des plans pour abandonner le pays étaient sanctionnés, la population pénale de l’île atteindrait les 11 millions de reclus. Cette réalité ne compte pas, comme n’ont pas  compté non plus dans la détermination de la sentence, la prévention et le repentir. Il vaut mieux punir de façon "exemplaire". Le plus important pour la justice révolutionnaire, c’est d’appliquer la loi "avec un maximum de rigueur et de sévérité".

Photo : Gustavo Rumbaut, Panoramio. Embarcation utilisée pour le transport maritime dans la baie de Cienfuegos.

Traducteur : Catherine GAU

J’aime Cuba

Laritza Diversent

Je suis née dans un quartier périphérique de La Havane, où arrivèrent un jour mes parents, originaires des provinces orientales du pays, pour essayer de s’en sortir.

Je ne grandis dans aucune religion, et sans croire en Dieu et à ses saints, ni aux promesses, ni au destin. J’avais seulement des aspirations et des rêves irréalisables, concernant mon avenir.

Ma mère me disait que j’avais ici plus de chance parce que je pourrais étudier, et qu’avec les études, j’obtiendrais tout. J’obtins le bac dans la meilleure école du pays, et ma licence à l’Université de La Havane, et ma réalité fut tout autre.

J’avais un diplôme universitaire, mais avec celui-ci, mes rêves restaient impossibles. Plus encore par la suite avec un enfant dans les bras, et accompagnée chaque jour par l’impuissance, le désir de ne pas me soumettre, et le pessimisme. La nuit, la peine et la dépression me submergeaient.

En pensée, je cherchais en vain un chemin pour arriver à mes fins, et je suis vite arrivée à la conclusion que je réaliserais mes rêves loin de cette île. La même résolution que tant de mes amis, qui résident aujourd’hui dans des pays froids et lointains. La seule solution envisageable, pour qui n’a même pas la plus petite option de choisir le détail de sa vie le plus insignifiant.

Je commençais à rêver de nouveau, désormais à des terres étrangères imaginaires. Je me voyais sortant du travail avec le jouet de Noël caché dans mon sac, j’ouvrais la porte de ma maison, et sur la pointe des pieds, j’entrais dans la chambre de mon petit et je déposais le cadeau sous son lit…

Je rêvais à tant de choses les yeux ouverts. La vision de ces rues vides, propres, toujours au crépuscule et très silencieuses. Totalement différentes des avenues turbulentes de ma vieille Havane. Plus tard, toujours dans mes songes, en cette terre étrangère, je pensais à ma mère et à mes frères, puis à mes voisins et à mon quartier. Ils me manquaient, et lorsque je me réveillais enfin, j’avais les larmes aux yeux.

J’ai découvert que j’aimais Cuba, que je l’aime toujours, cette terre sur laquelle je marchai pour la première fois, cette terre qui reçut ma première goutte de sang, quand je me blessai lors de ma première chute, celle qui absorba mes larmes, celle qui résonna de mes premiers éclats de rire.

Je compris que je pourrais être la personne la plus malheureuse, s’ils ne me permettaient pas de sortir pour tenter ma chance sous d’autres horizons, comme l’avaient fait autrefois mes parents, ou s’ils ne me laissaient pas revenir dans ce lieu qui inspira mon premier souffle de vie.

Traducteur : Catherine GAU

Les réunions au sein de la société civile de Cuba, en vue de définir le modèle économique du futur, sont qualifiées par le journal Granma comme un fait sans précédent et inédit dans le monde contemporain.

Le quotidien veut nous faire sentir que nous vivons sur une autre planète. Parfois il est difficile de comprendre la façon de s’exprimer des socialistes cubains. C’est de l’ironie ou une simple blague ? Je ne peux appeler cela de l’ingénuité.

Qui peut employer le verbe "définir" pour caractériser le supposé débat sur les perspectives économiques du socialisme pour les cinq prochaines années ? Il faut être très démagogue pour affirmer que l’on va analyser les propositions politiques des dirigeants.

Il serait illusoire et exagéré d’affirmer que 15% de ces propositions seront définies par les débats avec la population, dans un système où dominent la planification et le contrôle étatiques, et où l’unique acteur économique favorisé est l’Etat.

"Nous assumons les objectifs en leur formulation actuelle, dans leur vocation authentique et radicalement révolutionnaire", ainsi que le conseille Granma lors de ses travaux de propagande du VI° congrès du parti communiste.

Prenons deux points de ces objectifs : la concentration de propriétés des personnes physiques ou juridiques du secteur non-étatique est interdite, et les revenus les plus élevés seront plus lourdement taxés.

Réfléchissons un peu : l’île a besoin d’un sauvetage économique et les Cubains veulent le changement, par exemple, la liberté de la presse et la suppression de la double monnaie. La logique voudrait que si le secteur étatique a plus d’un million de travailleurs en trop, qui ont déjà été licenciés et qui doivent trouver un nouveau moyen de subsistance, l’Etat devrait donner des avantages et des facilités aux nouveaux acteurs capables de générer des emplois desquels dépend la subsistance de nombreuses familles.

Les objectifs ne s’intéressent pas à ces aspects. Au contraire, ils mettent en place des freins au développement économique et au progrès social des Cubains. Concernant les résultats qui risquent d’être obtenus, je pressens une multitude de processus judiciaires pour évasion fiscale, l’augmentation de la corruption, et un déluge de confiscations pour enrichissement illicite.

Aucun de ces thèmes ne sera porté à l’agenda des dirigeants communistes en avril prochain, date à laquelle devrait se tenir le VI° congrès. Les nouvelles politiques sont définies selon les intérêts de ceux qui aujourd’hui dirigent et contrôlent ce pays.

La société cubaine paraît une vulgaire scène de théâtre, et la majorité du peuple, de simples spectateurs. Il est improbable que dans une autre partie du monde le destin de plus de onze millions de personnes dépende exclusivement de la volonté de quelques-uns.

Cette fois non plus, il n’y aura pas de polémique ni de véritable discussion. Tout est déjà décidé.

Laritza Diversent

Traduction : Catherine Gau

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Laritza Diversent

Laura Álvarez Rojas, un Cubaine résidente en Afrique du Sud, perdit deux de ses êtres les plus chers en moins de neuf mois. Son frère, Alberto Álvarez Rojas, résidant à Cuba, décéda le 13 mars dernier, dans un accident d’auto en Afrique du Sud.

"Sans avoir pu récupérer de la douleur du décès de ma mère, je dus affronter le décès de mon frère, terriblement désarmée et déprimée", écrivait Álvarez Rojas dans une letttre à ses amis. Elle décida d’emporter ses restes dans son île natale et de partager cette perte si douloureuse avec ses proches à Cuba.

 Elle effectua toutes les démarches administratives exigées par les services de l’Immigration pour entrer dans l’île. Elle prolongea son passeport, légalisa le certificat de décès de son frère et paya tous les droits consulaires. Le 23 mars, elle quitta le continent africain sur le vol KL 0592  et atterrit à Cuba à 18 h le jour suivant.

 Elle fut surprise quand un fonctionnaire de l’immigration lui dit au guichet qu’elle n’était pas autorisée à entrer dans le pays et qu’on n’en savait pas la raison. Dans un bureau attenant, Laura demanda qu’on recherche son nom. En 2011, elle entra deux fois à Cuba sans problème. Elle n’était pas venue en vacances. Sa mère avait un cancer du foie en phase terminale. "Tu ne peux pas entrer, un point c’est tout, c’est ton ambassade en Afrique du Sud qui t’en expliquera les motifs", répondit la fonctionnaire.

 L’officielle tenta cependant de découvrir pourquoi on lui refusait l’entrée. "Tu avais bien payé tes taxes à l’émigration à Cuba ?", demanda-t-elle. "Oui", répondit Laura. "Tu t’étais fâchée avec quelqu’un ?", demanda-t-elle encore. "Jamais, ni auparavant, ni depuis." "Tu étais partie te promener quelque part ?" "Mes promenades furent pour aller à l’hopital, enterrer ma mère, puis me rendre à l’émigration et à l’aéroport", répondit-elle.

 Les restes d’Alberto étaient dans un sac. "Les personnes non autorisées à entrer à Cuba ne peuvent pas faire entrer de bagages", ajouta la fonctionnaire de l’immigration. "Demande à l’ambassade qu’ils envoient les restes de ton frère par la valise diplomatique", lui conseilla la femme.

 Désespérée, elle appela son mari, un médecin déserteur qui vivait depuis environ 10 ans en Afrique du Sud, sa soeur qui l’attendait à l’extérieur de l’aéroport, et le consul de son ambassade. "Eteins ton téléphone, tu n’as plus le droit d’appeler personne", l’avertit l’agente. Celle-ci "se mit en rage et m’arracha le téléphone", ajouta Álvarez Rojas.

 Laura continua d’insister pour faire entrer les restes de son frère. "Ils me prirent pour une folle, en train de parler avec tous les fonctionnaires, m’enfermèrent dans un bureau, quelqu’un m’attrapa par le cou jusqu’à briser mon rosaire", raconte-t-elle.

 Malgré ce traitement inhumain et les agressions physiques, elle continua ses supplications en direction d’une autre officielle qui gardait le bureau. "Je m’agenouillai et je les implorai pour qu’ils donnent les restes de mon frère à ma soeur qui était dehors, qu’ils me refoulent, cela m’importait peu."

 Mais Laura ne l’obtint pas. Ils la renvoyèrent par le vol KL 02724 le même jour, dans l’avion qui l’avait amenée. Ils dirent au pilote qu’elle était une illégale délinquante à Cuba. L’homme devint furieux quand la jeune femme lui montra ses papiers en règle, les cendres de son frère et le certificat de décès de l’ambassade.

Le pilote dit que ce n’était pas la première fois que cela arrivait. "Ils m’ont renvoyée sans billet pour qu’en Hollande je repaye mon billet jusqu’en Afrique du Sud.", dit Álvarez Rojas. Le pilote ne voulait pas l’accepter dans l’avion sans billet et avertit qu’il ferait un rapport sur Cuba à sa compagnie, pour des abus fréquents à l’encontre de ses citoyens.

 Dans l’avion à bord duquel elle prit finalement place, l’équipage fut aux petits soins pour elle. "Ils me considérèrent comme une personne et me dirent que le traitement reçu dans mon pays était digne de celui d’un animal", dit-elle. "Je ne transportais pas un chien mort, mais une partie de mon coeur", ajouta-t-elle, désespérée et  cherchant la compréhension et la solidarité.

 "Ils ne m’ont pas laissé pleurer avec mes êtres chers, ils ne m’ont pas permis d’embrasser ma soeur qui pleurait désespérément de l’autre côté et je fus obligée de revenir avec les restes de mon frère, le coeur brisé, avec la déception et la frustration la plus grande de ma vie", conclut-elle.

 Laura insista en Afrique du Sud pour obtenir une explication à l’ambassade de Cuba, bien qu’elle sache qu’il n’existe aucune raison à l’inexplicable. Pourtant, elle se trompait quand elle croyait que personne ne pouvait comprendre ce qu’elle ressentait : les autorités cubaines infligent un tel traitement à nombre de leurs ressortissants. Sans aucun doute un traitement cruel, inhumain et dégradant.

Catherine GAU

Par : Yaremis Flores | 23 mai 2012

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Ce samedi 5 mai, pendant la nuit, ont été soustraites au moins 3 vaches, d’une propriété du Commandant Guillermo García Frías, située au sud-ouest de la capitale. Le lendemain matin, on pouvait observer 3 voitures de patrouilles et 2 véhicules de la Médecine Légale.

Le sous-officier Alexander Borrero, un des employés chargés des investigations, s’exclama :"Les gens n’apprennent pas, ils osent voler un Commandant". Les enquêteurs ont pris des photos et des vidéos du lieu. De plus, ils ont recueilli les témoignages de quelques voisins.

Bien que certains paysans aient dénoncé dans la communauté le vol de leurs animaux, -délit de haute incidence dans la région- la police ne leur a pas prêté attention. "Le lundi 7 mai, ils ont pris un de mes chevaux, je l’ai signalé au commissariat et j’attends toujours une enquête", a déclaré Alfonso Chaviano, plus connu sous le nom de Chichi, qui ajoute qu’un cheval sur l’île, peut avoir une valeur supérieure à 1000 USD.

La coopérative Fernando García Rosales, avec plus de 400 hectares, appartient à l’Entreprise Nationale pour la Protection de la Faune et la Flaure, dirigée par García Frías. Enclavée à Murgas, quartier rural de la Municipalité de Bayeros, elle compte tout type de ressource. Elle se consacre à entretenir quelques plantations, de cannes à sucre et moringa, mais sa tâche principale est l’élevage.

Selon Osiris, une des habitantes de cette localité, qui a demandé à ce qu’on ne publie pas son nom de famille, elle a eu l’occasion de discuter, il y a deux mois, avec Miguel Vale, administrateur de la propriété. "Il m’a offert un tour dans sa jeep Willy, il s’est présenté et se vantait de ses voyages fréquents au Mexique et au Brésil, afin d’acheter des bovins de pure race".

Les citoyens cubains n’ont pas la possibilité de contrôler la rentabilité, ou non, des investissements du pays. Encore moins, de décider du destin des productions de cette propriété, quand cette dernière opère sous l’œil approbateur de Fidel Castro, ex-locataire cubain, qui a visité la propriété en janvier dernier.

Selon les statistiques de l’agroalimentaire mondial, en moyenne, les prix de vente, aux enchères de bétail dans les foires, oscillent au-dessus de 1300 USD. Selon le sous-officier Borrero, les animaux étaient des spécimens de pures races et pesaient entre 350 et 450 kg. À ce jour, aucun suspect n’a été arrêté.

Traduit par : Aïda

Par : Yaremis Flores | 21 mai 2012

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La capitale havanaise accueillera les sessions de la Sixième Rencontre Internationale de la Justice et du Droit, au Palace des Conventions, du 23 au 25 mai prochain. Se donneront rendez-vous plus de 500 représentants, 300 d’entre eux sont des juristes étrangers, provenant de 14 pays.

Parmi les thématiques prioritaires à débattre, il y aura l’accès sur l’île à la justice , le travail de rééducation dans les prisons cubaines, et le convenable processus pénal, selon la note publiée sur le site web www.gpalco.com. Comme pour les éditions précédentes, il y aura une intervention officielle sur le cas des 5 Cubains condamnés aux États-Unis, pour espionnage pour le compte du gouvernement Cubain.

Rubén Remigio, président du Tribunal Suprême, organisateur de l’événement, affirma en conférence de presse, donnée jeudi dernier, que le rendez-vous permettra à Cuba de montrer les avancées sur le plan juridique, sur le déroulement des procès et la transparence de l’administration judiciaire.

"La rencontre sera une "caisse de résonance" pour présenter une contre-offensive aux campagnes orchestrées par la grande presse, qui essaye de discréditer Cuba et de taire ses succès dans le domaine de l’administration judiciaire", a ajouté le juriste.

Remigio se vante des conquêtes de la Révolution Cubaine en matière de justice, "en favorisant l’échange des expériences entres différents officiers de justice." Cependant, tous les avocats ne sont pas représentés dans ce débat. Seuls les avocats des secteurs de l’État ont accès à l’événement. En outre, un Comité Organisateur, est chargé de sélectionner les spectateurs, pour le compte du Gouvernement.

Laritza Diversent et moi, qui écrit ce rapport, toutes deux avocates, nous n’avons jamais participé à ce type d’événements. "Je n’ai pas eu connaissance à temps de l’événement. L’unique objectif des organisateurs, est de maquiller les fissures du système judiciaire cubain", commenta Diversent.

Parmi les sujets absents au congrès, il y a l’inadéquate prise en compte des preuves par les Tribunaux, le travail forcé ou l’esclavage dans les prisons de l’île et les avantages d’un pouvoir judiciaire indépendant. Peut-être qu’une analyse approfondie de ces thèmes éviterait une autre rencontre internationale, sans justice et sans droits.

Traduit par : Aïda

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